
Avec son opération «Sérénité», l’ASR renforce la présence policière dans le secteur de la gare et de l’hypercentre de Vevey. | N. Desarzens
Sur le coup de 17h, les rues se remplissent de monde et les guirlandes lumineuses rivalisent de couleurs sur les façades des commerces. En cette fin décembre, l’affluence est grande dans l’hypercentre. Non loin de la gare, au milieu de la foule et des décorations scintillantes, deux gilets réfléchissants attrapent les regards.
«Bonsoir, Monsieur l’agent!», lance une maman accompagnée de sa fille. En plus de 30 ans d’activité, Martin est devenu une figure de la police de proximité veveysanne. Déployé dans le cadre de «Sérénité», il patrouille en binôme aux abords de la gare. Avec cette opération, Police Riviera souhaite assurer une «présence visible, préventive et dissuasive» principalement en fin d’après-midi et en début de soirée.
Et cela semble fonctionner. Au détour d’un carrefour, deux dealers déguerpissent à la vue des deux policiers. «La situation a évolué en bien ces derniers mois. Il y a moins de deal de rue dans l’espace public», souligne son binôme Jérôme. La soirée s’avère ensuite plutôt calme. «Il y a eu une opération de police cet après-midi, cela explique la faible présence de trafiquants», relève Martin. Après leurs heures de ronde, les deux agents passent le relais à leurs collègues de l’unité de police secours, qui assureront les interventions 24h sur 24.
Faire ses emplettes «en toute tranquillité»
Entre la baisse de luminosité et l’affluence importante dans les rues et les commerces, les dealers saisissent l’opportunité de ces conditions pour écouler leur marchandise. Des actions qui peuvent intensifier le sentiment d’insécurité durant l’hiver.
Au vu de cet enjeu, le nouveau directeur de l’ASR Clément Leu a voulu avec cette opération accroître la présence policière entre le quartier de la gare et le centre-ville. «La période des Fêtes représente un enjeu pour les commerçants de la région. Cela vaut la peine de renforcer le dispositif sécuritaire, afin que les gens puissent faire leurs achats de Noël en toute sérénité. Nous ferons ensuite un bilan de cette opération au début de l’année 2026, afin de voir sous quelle forme on la poursuit.»
Si le deal de rue à Vevey reste une préoccupation majeure de la police régionale, la problématique doit être traitée de manière «rationnelle et objective, afin de ne pas tomber dans l’émotionnel», selon Clément Leu. «Objectivement, ces dealers ne provoquent pas de délits connexes. Si leur présence génère de l’insécurité, c’est surtout un sentiment subjectif. Toutefois, en tant que police de proximité, nous sommes à l’écoute de la population et nous prenons le problème au sérieux en agissant.»
Et avec à l’approche des Fêtes, est-ce que l’ASR remarque une hausse des ventes de stupéfiants? «L’essor de la consommation en fin d’année n’est pas objective, réagit son commandant, Ruben Melikian. Les analyses des eaux usées ont montré que des pics ont été enregistrés surtout lors d’importantes compétitions sportives!»
Diminution du deal constatée
Malgré la présence ponctuelle de dealers également à Montreux ou à La Tour-de-Peilz, pour l’heure, Police Riviera n’observe pas de déplacement du phénomène. Le trafic de stupéfiants se concentre toujours à Vevey. Mais les efforts déployés semblent porter leurs fruits. «Il y a moins de ventes visibles en journée, et une présence faible des dealers durant la soirée. Nous recevons beaucoup moins de plaintes à ce sujet ces derniers mois. Cela nous permet de souffler un peu», observe Ruben Melikian.
Près de six mois après le refus net de la population veveysanne sur la pose de caméras de vidéosurveillance, le corps policier reste toutefois sous la pression des politiques. «Nous sommes un maillon dans la lutte contre le deal de rue. La police seule ne peut résoudre ce problème», rappelle le commandant.
En comparaison avec la situation lausannoise, la réalité à Vevey est tout autre. La grande différence réside dans l’absence de polytoxicomanes. «La fondation AACTS fait un travail important pour prévenir la situation», insiste le commandant de police. Quant aux trafiquants eux-mêmes, Ruben Melikian le répète: «Sécuritairement parlant, ils ne posent pas de problème. C’est surtout l’oisiveté, des regards insistants et parfois des propos désobligeants qui dérangent.»
Dès la fin du mois de novembre, les marchés de Noël bouleversent l’espace public sur la Riviera vaudoise. Mais c’est surtout la ville de Montreux qui engrange une très grande affluence. «Nous sommes obligés de coordonner un dispositif de sécurité particulier pour les fins de semaines», confirme le commandant de Police Riviera, Ruben Melikian. En cause: la saturation des parkings et la circulation intense. Parallèlement aux agents de la protection civile (10) et de sécurité privée (33) présents sur la manifestation montreusienne, des ressources policières sont engagées quotidiennement. «Des policiers de proximité patrouillent parmi les différents stands, afin d’assurer une présence préventive, en lien avec les risques de vols.»
