Le documentaire, un format qui a su séduire au fil des ans

Les documentaires proposés par Ciné-Doc suscitent souvent chez les cinéphiles de riches échanges à la suite de leur diffusion.   | Y. P. Tavares / Ciné-Doc 

Cinéma
Fort de son succès, Ciné-Doc propose pour sa 10e édition un programme centré sur les documentaires helvétiques. Seule exception française, le poignant «Ceci est mon corps» sera diffusé en janvier à Vevey, Chexbres et Château-d’Œx.

En 2016, Ciné-Doc voyait le jour au cœur de la Vallée de Joux. Depuis, ce projet cinématographique a pris ses quartiers aux quatre coins de la Suisse romande. Quatorze salles régionales sont devenues partenaires, dont la plupart hors des grandes villes.

«L’objectif de ce rendez-vous est de proposer des projections principalement dans des lieux où il y a moins d’offres. Il s’inscrit dans une démarche de démocratisation de la culture, pour favoriser la diffusion et la visibilité du cinéma», explique son fondateur Gwennaël Bolomey. 

Année après année, ce cinéaste suisse s’est engagé à mettre en lumière des documentaires rarement programmés par les salles. «Certains cinémas qui n’avaient pas l’habitude d’en proposer au départ ont désormais renforcé leur offre autour de ce format spécifique.»

La naissance du Festival Let’s Doc! en 2023 a ensuite donné une portée nationale au projet. Désormais, le documentaire est mis en avant dans toute la Suisse, de novembre à mars. Mais pas uniquement dans les cinémas. Des lieux alternatifs – bibliothèques, maisons de quartier, ou même prisons – se transforment en salles obscures pour l’occasion. 

Autre pivot de l’initiative, les discussions post-projections qui suscitent régulièrement l’intérêt du public. «Les gens recherchent du lien, ils ont besoin d’avoir ces échanges qui apportent aussi un éclairage différent sur les films», souligne Gwennaël Bolomey. 

«Swiss Made»

Cette saison, Ciné-Doc propose une majorité de réalisations helvétiques: cinq films sur six au total. «Il y a beaucoup de cinéastes talentueux en Suisse qui abordent très souvent des thématiques locales!», lance Gwennaël Bolomey. Mais début 2026, ce sera bien un film français qui sera proposé dans les salles: «Ceci est mon corps» de Jérôme Clément-Wilz. 

Le réalisateur y retrace le procès du prêtre qui l’a abusé durant l’enfance. «Il a été selon moi l’un des documentaires majeurs du monde francophone en 2025, relève le responsable de Ciné-Doc. La démarche de ce réalisateur est très courageuse, il aborde un sujet très dur tout en étant porteur d’espoir!» À noter qu’à la fin de chaque diffusion, des intervenants – médecins, chercheurs ou pédopsychiatres – prendront part aux discussions, afin de susciter des échanges à ce sujet. 

En février, ce sera ensuite au tour du film «La Vallée» d’être diffusé. Cette plongée jurassienne aux confins de la mémoire familiale est signée par le fondateur de Ciné-Doc lui-même. L’édition se clôturera en mars avec «Wider than the Sky» de Valerio Jalongo, autour des enjeux propres à l’intelligence artificielle. 

Plus d’infos: www.cinedoc.ch