Le Manège de Villard est bien en selle

Des rénovations et modernisations du manège de Villard démarreront ce printemps. Une nouvelle écurie, ainsi qu’une grange sont prévues.  | L. Menétrey

La Tour-de-Peilz
La Commune a octroyé un cautionnement en garantie d’un emprunt unique de 465’000 francs au seul centre d’équitation de son territoire pour des rénovations prévues printemps 2026. Immersion équestre.

Difficile de ne pas se laisser intimider par une telle carrure. Du haut de ses 18 ans, Lord Wallonia, un hongre d’origine allemande de couleur bai foncé, est l’un des fidèles compagnons de Kristel Morand. «Il sait tout faire et a une force extraordinaire. Mais c’est aussi un sacré caractère», raconte la gérante du Manège de Villard. 

Lord Wallonia fait partie d’une grande famille d’une cinquantaine d’équidés qui vivent ici entre la route de Blonay et le chemin de Villard. Le manège boéland existe depuis les années 50 et Kristel Morand, cavalière depuis l’enfance, en a repris les rênes en 2006. 

Aujourd’hui, plus de 150 membres en bénéficient. «Notre atout est de proposer des tarifs abordables. On a beaucoup d’enfants et de jeunes de toute la région», explique-t-elle. En plus des cours d’équitation et des pensions, le manège accueille également des apprentis en vue de l’obtention du CFC de professionnel du cheval. À l’instar d’Alessia Andrioli. Attablée devant l’écurie, la Clarensienne de 25 ans est la monitrice principale du manège, et est ici «comme à la maison» puisqu’elle-même était élève il y a quinze ans. «J’ai toujours été attirée par le coaching et la transmission, et peu par la compétition. J’aime voir les élèves évoluer», confie-t-elle.

Pérenniser le lieu

Depuis 1992, les infrastructures du manège sont gérées par la Société coopérative du Manège de Villard (SCMV), qui est au bénéfice d’un droit de superficie distinct et permanent octroyé par la Commune de La Tour-de-Peilz en 1993 et renouvelé en 2021 jusqu’en 2052. 

Le 29 octobre dernier, le Conseil communal boéland a accepté l’octroi d’un cautionnement en garantie d’un emprunt unique de 465’000 francs à la SCMV, suscitant quelques voix critiques parmi les élus. Certains estimant qu’un cautionnement ne devrait pas être accordé à une société privée. 

«Il faut souligner que la Commune n’accordera aucun emprunt à la Coopérative. Il n’y a donc aucun coût à charge de la Commune», précise ultérieurement Alessio Grutta, municipal en charge du dossier. «Ça prouve que l’avenir du manège est important à leurs yeux et ça nous permet d’entamer 2026 sereinement», relève quant à lui le président de la coopérative, Marc Waechter. 

Ces moyens, complétés par 100’000 francs de fonds propres, permettront de moderniser les installations âgées de plusieurs décennies. Une nouvelle grange remplacera un local devenu vétuste, tandis qu’une écurie supplémentaire sera dédiée aux soins et à la médiation, notamment pour les classes. «Ça nous permet de renforcer l’attractivité», affirme Marc Waechter. «Et de pérenniser le lieu en entretenant les installations», complète Kristel Morand.

Bien-être animal et projet d’avenir

Ici, le bien-être animal est au cœur de la démarche du centre équestre. «Ils ont de grands espaces verts et chaque animal reçoit une attention adaptée à ses besoins et son caractère.» Les équidés ont plus de 80’000 m² pour trotter. Depuis 2019, le centre porte l’association «Le Cheval Bleu» qui permet à des personnes en situation de handicap et à des résidents d’EMS, ou encore aux écoliers de partager un moment privilégié aux côtés de l’animal. 

«C’est fantastique pour les chevaux âgés et pour les personnes qui n’ont pas envie de monter un cheval. Elles peuvent simplement passer du temps avec ces animaux», précise Kristel Morand. Cette dernière vante les nombreux bienfaits à leur contact. «C’est équilibrant pour l’humain. Ça donne une notion de responsabilité et d’autonomie aux jeunes. Un cheval pèse environ 600 kg, c’est sûr qu’il faut être sûr de soi. Ils gagnent confiance en eux.» 

Le chantier, prévu pour le printemps 2026, devra composer avec la présence des équidés. «Les entreprises devront s’adapter, afin de ne pas trop les déranger et les apeurer avec le bruit», explique le président. Parallèlement, le manège prévoit de s’agrandir en acquérant de nouvelles parcelles voisines.

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