
Alexandre Begon et l’équipe du Giron du Centre 2026 sont à mi-parcours pour boucler l’immense chantier du Giron du Chablais. Entre autres chiffres: 1,2 million de budget, une tente de 60 mètres capable d’accueillir 1500 personnes assies ou encore 9 hectares de parking! | DR
Il est 17h30 et il fait déjà nuit noire au chemin des Combasses, à Aigle, quand Alexandre Begon arrive sur le chantier du Giron du Chablais. C’est ici que huit jeunesses de la région (Aigle, Chessel, Corbeyrier, Gryon, Les Diablerets, Ollon, Roche, Yvorne) s’attellent depuis août à un projet considérable: celui d’accueillir du 1er au 5 juillet prochains entre 30’000 et 40’000 personnes de tout le canton.
Un challenge qui comporte une certaine dose de risques, alors que cette manifestation est budgétisée à 1,2 million de francs. «Les Communes assurent heureusement un socle, avec un franc par habitant, les sponsors et les ventes devront couvrir le reste, on y travaille. Mais après un an et demi de boulot, il y a intérêt à faire beau durant les cinq jours de manif!»
À mi-chemin, et à l’heure de la mise sur pause durant les Fêtes de fin d’année, Alexandre Begon est satisfait. «On est parfaitement dans les clous en termes de timing, se félicite l’habitant d’Ollon, 26 ans, employé communal à Gryon. Les prises d’informations auprès des organisateurs du Paléo et de la Foire du Valais ont été des plus utiles.»
Comme une entreprise
Ici, on est en rase campagne et sur les terres du syndic Grégory Devaud, dont on perçoit à quelques centaines de mètres les contours de la ferme dans la pénombre. «Il a toujours été d’un grand soutien», ajoute Alexandre Begon.
Comme chaque soir de chantier, sa première tâche consiste à allumer la génératrice qui alimentera les projecteurs avant l’arrivée des travailleurs du soir. «Les mardis et les jeudis, de 18h à 22h, ainsi que les journées de week-end, c’est ce qui est convenu avec les riverains, avec qui nous nous entendons très bien. Bon, la première fois qu’on a allumé nos spots de terrain de foot, un voisin est venu nous demander gentiment pourquoi il faisait jour dans son salon à 22h.»
Au grillage qui donne accès aux cabanons de chantier, Alexandre Begon compose un premier code sur le cadenas, puis un deuxième pour la génératrice, puis un troisième pour la boîte à clés de la salle des réunions. «Cela fait un peu escape game, admet-il, mais on est obligés, question de sécurité!»
Au mur de ladite salle des réunions, les plans donnent la mesure de ce qui se prépare: une tente de 60 mètres capable d’accueillir 1’500 personnes assises, la traditionnelle tonnelle, le bar à shots, 60 terrains de volley, quatre terrains de football, plus ceux de lutte fédérée et de tir à la corde. Sans oublier les 50 pour la pétanque, «une discipline qui a le vent en poupe, souligne le président, 300 équipes sont attendues». Enfin, sur l’autre moitié du plan, un grand rectangle rayé: «Le parking de 9 hectares, pour 5’000 voitures.»
Autant dire que les plans de construction se doivent d’être clairs et précis à tous les niveaux, raison pour laquelle ils ont été validés par la Fédération vaudoise des entrepreneurs. «On travaille comme une entreprise. D’ailleurs, cette expérience peut servir de tremplin, c’est clairement un plus sur un CV. Moi qui suis actuellement les cours de brevet fédéral de management et leadership, je considère l’organisation du giron comme une formation pratique.»
Matériel de récup
Sur le site, les premières structures ont été montées. En bord de route, de grands billons de bois attendent leur tour et esquissent leurs courbes en clair-obscur. «Nous avons récupéré le gros des structures aux organisateurs du giron de l’an dernier à Froideville, et Poliez-Pittet nous les reprendra probablement l’an prochain, explique le Boyard. Nous avons tout de même dû faire des coupes de bois à Château-d’Œx, parce qu’il nous manquait de grosses pièces de 10 mètres.» Autant dire que les sept charpentiers que compte l’équipe de construction sont les bienvenus. Quant au bois qui sera transformé en milliers de mètres cubes de copeaux dispersés au sol, il sera broyé sur place.
Recyclage et durabilité seront du reste des maîtres-mots. La couche supérieure des copeaux partira vers des centrales de chauffage à distance de la région et le reste en compost. Des panneaux solaires produisent déjà de l’électricité pour réduire le bilan énergétique. «Et notre giron sera le premier de l’histoire à utiliser 100% de vaisselle réutilisable.»
Les deux semaines de vacances à venir feront du bien, mais dès le mois de janvier, il faudra repartir de plus belle. «Et dès le 6 juillet, à la fin de la manifestation, on remettra ça. Nous comptons six mois pour démonter et clôturer l’événement.»
