Le propriétaire frondeur lance « son » projet de cloison anti-bruit
Lassé de son bras de fer avec le Canton et la Commune de Blonay-Saint-Légier, le propriétaire avait orné l’an dernier son immeuble de slogans piquants. | R. Brousoz
Les slogans tapageurs qu’il avait placardés sur ses façades en 2024 n’étaient pas passés inaperçus. Malgré ce coup d’éclat, le propriétaire d’un bâtiment locatif situé à Vevey n’a toujours pas obtenu ce qu’il réclame depuis huit ans: la construction – assumée par les autorités – d’une paroi anti-bruit entre son immeuble et la route de Saint-Légier. «On s’est fait débouter par le Canton», déplore Antonio*. La Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) avait notamment évoqué le manque de visibilité que la cloison pourrait causer aux automobilistes.
Loin de se démonter, le Veveysan vient de mettre à l’enquête publique jusqu’au 15 janvier la construction de cette fameuse paroi. Elle se présenterait sous la forme d’un mur végétalisé de 70 m de long pour 2 m de haut. «À mes frais, pour l’instant…», souligne Antonio. Car en cas de réalisation, il espère encore que la justice redirige la facture vers les autorités.
Particularité de cet épineux dossier: l’endroit se trouve à la frontière entre deux communes. Si la cloison anti-bruit se situerait – tout comme l’immeuble d’Antonio – du côté veveysan, la route incriminée se trouve en revanche sur le territoire de Blonay-Saint-Légier. Opposée elle aussi à la paroi, l’ancienne Municipalité saint-légerine avait notamment évoqué, en 2021, des motifs «esthétiques» et la crainte d’un «effet couloir» que provoquerait ce mur.
Oppositions attendues
Mais cette cloison n’est sans doute pas près de voir le jour. Le propriétaire dit en effet s’attendre à ce que ses adversaires institutionnels fassent opposition d’ici au 15 janvier. «Nous serons prêts à aller jusqu’au Tribunal fédéral», prévient-il.
Malgré l’instauration d’un 30 km/h nocturne, Antonio parle d’un «enfer» encore vécu par ses locataires tous les matins. «Le problème, ce sont les camions qui descendent à 6h de l’autoroute pour aller à Vevey ou à La Tour-de-Peilz.»




