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Pour être mieux entendus, des brasseurs vaudois créent leur faîtière

De g. à dr.: Kouros Ghavami (La Nébuleuse à Renens), Elliott Hébert (brasserie des Vagabonds à Leysin), Michael Dupertuis et Eric Nussbaum (La Mine) trinquent à la naissance à venir ce soir de l’Association des brasseries vaudoises. | K. Di Matteo

Bex
Michael Dupertuis, de la brasserie La Mine, pourrait devenir ce soir le premier président de l’entité qui rassemblera une trentaine d’enseignes. Il en explique la genèse, «fruit d’une réflexion collective».

ABV. Pour «alcohol by volume», soit l’indication de taux d’alcool que l’on trouve sur les étiquettes des bouteilles. Dès ce soir, l’acronyme vaudra aussi pour l’Association des brasseurs vaudois, la nouvelle faîtière des producteurs de mousses. Celle-ci sera officiellement constituée ce soir à Lausanne, à la buvette du Grand Conseil. Une coïncidence cocasse  au lendemain du débat au Parlement sur une limitation de la consommation d’alcool des élus…

Le lieu est tout de même indiqué étant donné que c’est dans l’hémicycle du Parlement cantonal que tout a commencé. «L’étincelle est venue d’un postulat de la socialiste Jessica Jaccoud pour demander un soutien aux micro-brasseries, explique Michael Dupertuis, emballé par l’idée et qui compte parmi les initiateurs. Si le texte et sa proposition d’imposer une bière vaudoise dans tous les établissements du canton – au même titre que le vin – ont été refusés, le Conseil d’État s’est fendu d’un rapport qu’il a rendu en octobre dernier. Le texte conclut à la nécessité de soutenir la branche brassicole, mais constate qu’il n’y a aucun interlocuteur pour parler au nom des brasseries vaudoises. De là notre idée d’en rassembler un certain nombre.»

Avec l’aide de son collègue bellerin Eric Nussbaum, il prend donc son bâton de pèlerin en fin d’année dernière et en contacte une trentaine. «Et nous sommes tous tombés d’accord sur l’idée de créer cette association», ajoute Michael Dupertuis, «premier président pressenti» de l’ABV au terme de l’élection de ce soir.

Trois objectifs

Les statuts de l’association définissent trois objectifs principaux: «La promotion des bières vaudoises, la transmission d’un savoir-faire entre les acteurs du marché, pour améliorer la qualité, et l’organisation d’événements», détaille Elliott Hébert, un des deux co-fondateurs de la brasserie des Vagabonds à Leysin. Du reste, le premier de ces événements est déjà planifié: la Fête des brasseries vaudoises aura lieu le samedi 9 mai, de 14h à 22h, à Puidoux, à la brasserie Dr. Gab’s, l’une des pionnières dans le canton.

L’union faisant la force, d’autres seront les bienvenues à l’avenir au sein de l’association. «Pour être éligible, il faut être une brasserie professionnelle, avoir son siège social et l’essentiel de son activité sur Vaud et employer un minimum de 0,5 EPT (employé plein temps)», explique pour sa part Kouros Ghavami, de la brasserie La Nébuleuse à Renens.

À y réfléchir, on pourrait s’étonner qu’une telle association n’existe pas encore. Eric Nussbaum, de la brasserie de La Mine, a son explication. «Dans le rush du grand essor des micro-brasseries vers 2015-2016, nous n’avions pas identifié un besoin urgent de nous fédérer. Aujourd’hui, par contre, face au monopole des monstres de la brasserie comme Karlsberg ou Heineken, les brasseries indépendantes ont plus que jamais besoin de faire connaître leurs produits et de se rapprocher du monde des décideurs politiques et économiques.»

Soutien de GastroVaud

Pour marquer le coup ce mercredi soir, la conseillère d’État Valérie Dittli sera présente, de même que l’Aiglon Stéphane Montangero, président du Grand Conseil, et Gilles Meystre, président de GastroVaud.

Ce dernier a d’ores et déjà promis son soutien au petit nouveau. «L’ABV suit une même logique que celle qui a prévalu lorsque nous avons fondé la Fédération des métiers de l’accueil et du goût: se fédérer pour gagner en influence, développer les compétences et mutualiser des prestations. Face aux grands brasseurs et à leurs énormes moyens, les petits producteurs ont tout intérêt à avoir leur propre association. Et nous nous réjouissons de créer des synergies, au bénéfice de nos membres et de leurs clients!»

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