Une entreprise lance un nouveau projet de turbinage de la Veveyse

Une fois captée, l’eau de la Veveyse passerait dans une conduite forcée.  | C. Dervey – Archives 24heures 

Hydroélectricité
La société Zéro Net ambitionne de capter l’eau à plus de 630 m d’altitude pour la turbiner à Vevey. L’installation pourrait couvrir les besoins de plusieurs milliers de ménages.

La Veveyse n’a visiblement pas encore déployé tout son potentiel hydroélectrique. L’entreprise Zéro Net SA compte bien y remédier. Cette société, qui a son siège à La Tour-de-Peilz, vient de demander l’octroi d’une concession pour exploiter la force hydraulique de la rivière. Le projet prévoit d’aménager une conduite forcée sur la rive gauche du cours d’eau, parallèlement au «toboggan» de l’A12. L’enquête publique est ouverte jusqu’au 15 janvier.  

La prise d’eau est prévue à 636 mètres d’altitude, en dessous de Châtel-Saint-Denis, à l’endroit où se rejoignent la Veveyse de Fégire et la Veveyse de Châtel. L’eau ainsi «empruntée» à la rivière circulerait dans des galeries et des tuyaux sur une distance de plus de cinq kilomètres. Elle finirait sa course dans une centrale de turbinage prévue à Vevey, en contrebas des tennis de La Veyre, avant de regagner la Veveyse. La chute brute s’élève à 200 mètres.

Selon Zéro Net, la production annuelle d’électricité devrait avoisiner les 15 GWh, ce qui correspond à la consommation moyenne d’environ 5’600 ménages. La durée de vie d’un tel ouvrage est estimée à au moins 80 ans.

La rivière qui se jette dans le Léman contribue déjà à produire de l’énergie. En 2023, les Forces motrices de la Veveyse – société détenue par le groupe bâlois Aventron – ont mis en service une installation hydroélectrique aux Toveires, dans le secteur de Gilamont. Elle produit environ 2 GWh par année. Plus loin dans le temps, les frères Genoud ont exploité la Veveyse de Châtel de 1897 à 1958.