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Son monde et sa machine tournent autour du bois

Château-d’OEx

Le sculpteur Mathias Lecocq, 27 ans, est l’un des rares tourneurs formés en Suisse romande. Il exerce son art au Pays-d’Enhaut.

| Texte: Karim Di Matteo / Photos: Joachim Sommer  |

Les copeaux giclent sur Mathias Lecocq dans son atelier de la zone artisanale des Moulins, commune de Château-d’OEx. Le Favotais d’adoption est tourneur, une passion rare, développée plus jeune dans la cabane de jardin de ses parents à Founex. Et qui découle d’une autre: «Caresser le bois dans le sens du fil», comme il dit. En cela, il a suivi les traces de son père, lui-même un amoureux du bois. «Il m’a toujours motivé et j’ai toujours rêvé d’un métier artistique.» Grâce à son CFC de polydesigner 3D, Mathias a pu investir ses premiers revenus dans l’achat de machines sur lesquelles il a fait ses gammes de tourneur. Mais la maestria qui lui a valu le premier prix Relève d’art 2019, il est allé la parfaire dans la région de Lyon, auprès de Philippe Gilbert, le Meilleur ouvrier de France qui lui a transmis un savoir-faire ancestral. «En Suisse, les lieux de formation sont rares et les tourneurs
professionnels tout autant.»

Tourneur et affineur

Pour la démonstration, Mathias Lecocq transforme un petit cube en pied de canapé, l’une de ses dernières commandes. «Il y a aussi des supports de lampes, des demandes de menuisiers pour un meuble, un trophée pour un concours d’échecs ou un logo des pompiers de Genève pour une personne qui part à la retraite. Une fois, un monsieur est arrivé avec une poupée vieille de 200 ans à laquelle il manquait un bras.» Pourtant, on a beau chercher, on ne trouve pas d’oeuvre dans l’atelier, et pour cause: la plupart attendent un acheteur dans la boutique de Château-d’Oex. «Mais j’ai peu de temps pour y être. Le plus souvent, c’est mon père qui ouvre, deux jours par semaine.» Les ventes ne sont toutefois pas encore suffisantes pour lui permettre d’en vivre. «Raison pour laquelle je suis affineur dans les caves de L’Etivaz. J’aime le froid et c’est aussi un travail d’artisan.»

La patience comme maître-mot

Au mur, Louis de Funès et Bourvil nous regardent depuis un cliché noir-blanc tiré de La Grande Vadrouille. «Je l’ai mise là pour voir comment les gens réagissent et peut-être qu’un jour je la sculpterai.» Car si Mathias Lecocq sait faire preuve d’une grande finesse avec un tour à bois, il faut le voir caresser une planche en tilleul ou en noyer avec l’une de ses gouges, que ce soit pour un bas-relief ou une ronde-bosse. Les détails sur le Château de Chillon ou Guillaume Tell et son fils sont impressionnants. «J’aime ce qui est réaliste. Chaque copeau doit être maîtrisé. Il faut s’armer de patience, ne pas compter ses heures. Il faut parfois une semaine, parfois un mois.» Sur l’établi et au mur, son impressionnante collection de ciseaux attend, chacun affublé de deux nombres. «Le premier est pour la courbure, de plate à demironde, l’autre pour la largeur. On choisit selon le détail à sculpter, ce qui me fait dire qu’on n’a jamais assez d’outils. J’en ai même créé, parce que j’avais besoin d’une lame plus petite que ce que je trouvais dans le commerce. Je les affûte moi-même à la pierre naturelle ou artificielle. Je les finis au cuir pour les lustrer.»

La région rêvée

Avec une telle passion, le choix de s’établir au Pays-d’Enhaut en 2019 n’a rien de surprenant. «Une région axée sur le bois et une des rares à avoir conservé son patrimoine ancestral», justifie Mathias. Dans les forêts damounaises, il trouve en effet son bonheur, qu’il s’agisse d’un tronc tombé ou des restes d’un abattage par les bûcherons. «Pour le tour à bois, on peut utiliser tous les types d’essences, à l’exception des résineux, souvent trop tendres», explique-t-il en désignant les tas de bois qui sèchent dans un coin. Pour la sculpture, par contre, Mathias Lecocq se dit «très sélectif». «Je ne veux vraiment pas que le bois bouge, j’achète donc des planches. De base, j’utilise du tilleul, mais le noyer est mon préféré. Le poirier est excellent aussi, comme l’érable, voire le hêtre, bien qu’il soit plus dur.» On le sent, avec son air rêveur, le tourneur aime raconter. Et transmettre: «Je donne des formations sur une demi-journée ou une journée. J’ai de tout: des jeunes qui surfent sur la mode du bois, des personnes préparant leur retraite, des familles, des autodidactes qui veulent se perfectionner, des professionnels du bois qui n’ont jamais touché à un tour. Certains viennent carrément avec leurs outils!»

 

 

 

 

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