Basket
Au terme d’un premier tour difficile, le BBC Monthey partage la place de lanterne rouge avec Lugano. Mais après un premier succès samedi dernier au Tessin, l’heure est-elle à la révolte?

| Laurent Bastardoz |

Mais que se passe-t-il au BBC Monthey? Accumulation de blessures, de mauvais résultats, de coups au cœur… Les Chablaisiens ont rongé leur frein avant d’enregistrer, il y a quatre jours à Lugano, leur premier succès du championnat. Pour le président du club, Laurent Duchoud, les raisons sont multiples: «Nous avons débuté la saison avec huit nouvelles têtes, puis il y a eu rapidement des blessures. C’est inhérent au basket, mais avant le septième match de la saison, notre entraîneur Patrick Pembele n’a jamais pu tenir un entraînement à 5 contre 5. Et puis, il y a aussi l’aspect financier. Avec un budget très limité, c’est impossible pour nous d’engager plusieurs joueurs suisses de haut niveau. Cela offre du temps de jeu aux jeunes, mais l’expérience manque un peu pour atteindre le haut du panier cette saison.»

Souvenirs… souvenirs

Le haut du panier? La formule est savoureuse lorsque l’on se remémore les succès du BBC Monthey et de son fidèle public. Une époque marquée par trois périodes et entraîneurs à succès. Avec Étienne Mudry et son escouade de talents emmenée par le Fribourgeois Claude Morard et le duo étranger Theren Bullock et Curtis Berry, le club rafle son premier titre en 1996. L’équipe compte alors plusieurs jeunes pousses du cru (Doche, Felli, Ammann, Mastelic, Baresic, Collet, Modoux et autre Marclay) et un public bouillant, dans un Reposieux souvent au bord de la saturation. Puis au début des années 2000, Sébastien Roduit remporte un titre (2005) et deux coupes de Suisse (2003 et 2006) avec son équipe. Enfin, Niska Bavcevic mène le BBC Monthey une nouvelle fois en haut de l’affiche avec un titre (2017) et deux coupes de la Ligue (2016 et 2017). Une dernière période qui, financièrement, va pousser le club au bord du gouffre.

Demain est un autre jour

Cette époque bénie semble révolue malgré les investissements consentis par plusieurs personnalités chablaisiennes dont le dirigeant et mécène Régis Udressy, sauveur d’un club alors sous oxygène et à un demi-doigt de la faillite en 2018. Pour Laurent Duchoud, le conditionnel reste de mise: «Oui, nous traversons un début de saison très difficile mais le moral est là. Les gars ne veulent pas se laisser abattre et les efforts vont être récompensés, j’en suis persuadé. Mais pour trouver la clef, ils doivent avoir confiance en eux et surtout ne jamais oublier qu’au-delà de toute considération, le basketball reste avant tout un jeu.» Un discours positif relayé par l’entraîneur-assistant Besserat Temelso: «Contre Nyon et Boncourt nous sommes passés très près de la victoire. Cela s’est joué à une ou deux possessions. L’équipe a aussi travaillé d’arrache-pied ces dernières semaines et la victoire à Lugano devrait servir de déclic.»

Le Père Noël en sauveur ?

Reste que seul l’avenir donnera raison ou non à l’entraîneur Patrick Pembele et à son assistant qui estiment que l’équipe doit encore progresser offensivement et défensivement. «Il reste dix-huit matches au programme, dont deux contre Genève et Swiss Central avant d’allumer le sapin. Sans oublier le huitième de finale de la coupe de Suisse ce soir face à Boncourt, relève Besserat Temelso. Il faut maintenant bâtir sur notre premier succès. C’est notre souhait au Père Noël.»
Pour surfer à nouveau sur une vague positive, le club doit, aussi, pouvoir compter sur la présence de son fameux sixième homme afin d’atteindre les quarts de finale de la coupe: «Les spectateurs peinent encore, à cause de la pandémie, à remplir les gradins du Reposieux. Avec 400 supporters en moyenne, il nous manque encore 300 âmes pour faire rugir notre chaudron», lâche Laurent Duchoud en référence au BBC Boncourt. Pour la rencontre de ce soir, pass sanitaire et masques seront obligatoires.

L’avenir en filigrane

Une autre question taraude les esprits. Comme le spectre de la relégation plane au-dessus du BBC Monthey cette saison, le club pourrait-il se permettre d’ignorer la pression des résultats? «Ce n’est pas parce que l’enjeu sportif est moindre qu’il faut déposer les armes, clame Laurent Duchoud. Nous avons des engagements envers nos partenaires, les amis du club et les spectateurs. Jamais nous ne lâcherons sans nous battre. Nous ne devons pas oublier notre objectif: faire mieux que l’année dernière (ndlr: 5e de la saison régulière). Cela permet de garder le cap, tout en profitant de faire tourner notre effectif. Nous avons aussi une nouvelle génération exceptionnelle, avec nos moins de 13 ans qui sont champions de Suisse. Mais il faudra attendre cinq à six ans avant que ces derniers n’arrivent aux portes de la première équipe.»
Voilà un plan sur lequel le club doit impérativement travailler. Les cartes régionale et de la jeunesse avaient en tout cas permis à Monthey de remporter son premier sacre en 1996. Une équipe alors formée par plus de 60% de jeunes de la région. La recette pourrait fonctionner à nouveau.

Crédit photo : 360DSM