Championnat du monde
Après six des sept matches du tour préliminaire, la Suisse est d’ores et déjà qualifiée pour les quarts de finale. Goran Bezina, présent à dix championnats du monde de hockey sur glace entre 2001 et 2012 n’a pas manqué l’occasion de se poser en expert sur les chances de médailles helvétiques…

| Laurent Bastardoz |

Si un joueur romand peut se targuer d’une si solide expérience internationale, c’est bien l’ancien junior du HC Monthey. Onze championnats du monde au compteur, 174 sélections en équipe nationale, les JO de 2006, 745 matches en Nationale League (pour 342 points), et plus de 200 matches en Amérique du Nord entre 2001 et 2004, dont trois en NHL avec les Coyotes de Phoenix. Un Goran Bezina persuadé que l’équipe de Suisse peut réaliser un nouvel exploit aux Mondiaux en Finlande. «Franchement avec l’équipe présente à Helsinki, une médaille est envisageable, voire probable. Même si en hockey rien n’est jamais définitif.»
Cette équipe de Suisse est plaisante à suivre, bien équilibrée entre les quatre blocs qui la composent et qui, surtout, peut compter cette année sur sept recrues venant de la prestigieuse et lucrative NHL. «C’est une formation qui a de la gueule et comme les mentalités ont changé depuis quelques années, elle ne pense plus en termes d’infériorité lorsqu’elle joue contre un ténor mondial et elle gagne surtout les matches qu’elle ne doit pas perdre», analyse le défenseur du HC Sierre. La preuve avec sa victoire contre le Canada samedi dernier, 6-3 (ndlr: bouclage du journal le mardi, avant le dernier match contre l’Allemagne).
Pour Bezina, il est aussi question de génération: «Il y a eu une première petite révolution en 2000, lors des Mondiaux de St-Pétersbourg. L’équipe était jeune et entourée de quelques joueurs d’expérience. Et dans le vestiaire, cinq Romands, mieux que cette année (rires). Keller, Conne, Demuth, Vauclair et Aeschlimann. Et puis il y avait Streit, Crameri, Jenni, Fischer et Gerber qui composaient une belle colonne vertébrale.» La Suisse avait atteint les quarts de finale. C’était la première belle génération qui a été suivie par celle des années 2013 à 2018 avec deux titres de vice-champions du monde.

Génération exceptionnelle
Et pour Bezina la troisième arrive. «Quand on voit comment joue la Suisse, on n’a aucun doute que les perspectives d’avenir à court terme sont vraiment bonnes. La défense fait un travail remarquable. L’équipe tactiquement est structurée et belle à voir jouer. Attention juste aux situations spéciales. La Suisse est souvent pénalisée et il faudra être encore plus attentif cette fin de semaine en phase finale.»
Quant à l’effectif présent à Helsinki, Goran Bezina relève une fois encore l’équilibre entre les lignes. Mais il ne peut passer sous silence le rôle essentiel de deux leaders incontestables. «Malgin m’impressionne par sa régularité, sa facilité et son incroyable sens du but. Quant à Pius Suter, il ne se contente pas d’amener son expérience de la NHL dans le secteur offensif. C’est un travailleur hors norme lorsqu’il s’agit de défendre.» Enfin, autre bonne nouvelle, la première ligne estampillée NHL (Kurashev, Hichier et Meier) a un rendement progressif depuis le match contre le Canada. C’est un signe qui ne trompe pas. Désormais à la Suisse d’aller chercher l’or qui lui tend les bras.

Légende

Ancien joueur de l’équipe nationale avec 174 sélections au compteur, Goran Bezina croit aux chances des Suisses lors de ces Mondiaux en Finlande. | O. Allenspach – 24 heures.